Bienvenue au Wat Phra Nong Sawan

À quelques coups de pédales de mon domicile, un temple très particulier se terre dans la campagne issanaise.

Le gardien du Wat Phra Nong Sawan

Lors de mes premières apparitions dans la région de Sélaphum, Manot, mon beau-frère, m'avait emmené rendre visite au gardien du temple, un moine dont la réputation dépassait les frontières du district. Il détenait, entre autres, les chiffres gagnant de la loterie nationale – Dieu sait que c'est important en Isan – et avait aussi le pouvoir de vous dire votre avenir !

En Thaïlande, vous rencontrerez de nombreux moines ayant ces capacités, mais celui-ci était de plus en plus reconnu ! Les pèlerins se sont donc faits de plus en plus nombreux et les dévots, particulièrement des sculpteurs, s'y sont montrés très assidus.

La construction du Wat Phra Nong Sawan

Au fur et à mesure que grandissait la réputation du moine-gardien, les donations furent de plus en plus importantes. La construction du temple pouvait commencer, mais, dépendante des sommes récoltées et de leur fréquence, elle était complètement anarchique. Jamais vraiment terminé, le temple est aujourd'hui très imposant et offre une vue sur la campagne alentour. Les véhicules se bousculent tous les jours et les halls de prédication sont nombreux. Les dévots-maçons-sculpteurs ont fait preuve d'une imagination dithyrambique et d'une persévérance sans égale.

Visite guidée du temple

Le premier étage est dédié aux horoscopes, et occupé par un bouddha pour chaque jour de la semaine. La montée vers le sommet, déconseillée à ceux qui auraient le vertige (les 8 étages furent construit en fonction des moyens, année après année), est un délire de fresques mélangeant l’épopée du Râmâyana et les voyages et succès du moine-guru.

L’extérieur est plus abouti, entre délire de dragons, animaux fantastiques et tortues géantes supportant d’étranges bestioles.

Le clou de la visite est édifié derrière le temple, près du crématorium. C'est une sorte de « parc des horreurs » où l'on remarque des représentations de ce qui vous arriverait si vous ne teniez pas compte des préceptes du bouddhisme. Devant chaque « faute » – adultère, avortement, vol, médisance, meurtre de poisson (pourquoi pas ? – se trouve une urne pour les donations de ceux qui auraient quelque chose à se reprocher.

Les moines qui au fil du temps y sont morts sont en paix, leurs cendres restent dans d’énormes jarres, on continue de construire des bâtiments et des statues pour le plus grand bonheur de tous, bouddhistes ou non !

Ce matin-là, notre moine est inaccessible, il prononce des mantras à une assistance nombreuse, répétant ses dires en sanskrit. Devant la grotte, nombreux sont ceux qui attendent sa venue : joueurs de loto, jeunes couples curieux de connaître leur avenir, etc.

Paille Kheundheu ! ("À bientôt" en lao)

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