Koh Chang, la cambodgienne !

À la fin du Khao Phansa, le carême bouddhique, les écoliers de Thaïlande sont enfin en vacances. Nous avons décidé cette année de partir vers Koh Chang, une île du golfe de Thaïlande située aux confins des eaux territoriales cambodgiennes !

En route pour Koh Chang

De Bo Win, nous rejoignons Sukhumvit Road, la route 3, qui rallie Bangkok au Cambodge en longeant la côte du golfe de Siam. Après avoir dépassé Chantaburi, Trat et la baie de Ao Thammachat, nous quittons la route pour prendre le ferry.

Plantations d'hévéas et d'ananas, qui nous avaient accompagnés depuis 200 kilomètres, laissent leur place aux pitons rocheux et verdoyants formant Koh Chang. Après 30 minutes de traversée, nous débarquons baie de Ao Sapparot (baie de l'Ananas) et reprenons la route. L'île ne compte qu'une seule route qui fait (presque) le tour de l'île. Le centre est occupé par d'abruptes montagnes recouvertes de jungle.

 

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Sur l'île de Koh Chang

Nous filons côté ouest. Le dénivelé de la Rural Road – un ancien chemin pédestre devenu piste carrossable avant d'être goudronné ou paré de ciment à certains endroits – est plutôt épique. Les camions du BTP qui ont traversé le bras de mer en notre compagnie sont à la peine sur ce bout de route qui n'a rien à envier à une route annexe des Hautes-Alpes.

Tant bien que mal, nous atteignons Ban Klong Son, qui semble être le centre administratif de l'île : station PoToTor (stations-services de la compagnie thaïlandaise PTT, dont le nom est prononcé phonétiquement en pays Isan, n. d. l. e) 7/Eleven, Tesco, école et son stade de football, poste de police, hôpital, marchés et j'en passe.

Sur la route, les motos se multiplient. La plupart sont louées par des touristes qui n'ont manifestement pas l'habitude de tenir un guidon même dans leur pays d'origine. Les farangs qui pratiquent la route en Thaïlande se plaignent souvent de la conduite des Thaïs mais les Thaïs eux, doivent redoubler de vigilance avec le biker venu du froid.

On atteint Ban Sai Khao, puis Haad Klong Phrao, dont les plages encombrées d'hôtels sont difficilement visibles. La route se resserre et se raidit d'autant plus que nous passons une corniche. Chouette ! On aperçoit enfin la mer. Nous atteignons notre destination de vacances, le village de Haad Kai Bae, dont le nom signifie Lonely Beach.

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Bienvenue à Haad Kai Bae

Tout ce qui est voué au tourisme se dresse de chaque côté de la route sur 300 mètres. Au milieu de cet enchevêtrement de restos et boutiques diverses, pas moyen de trouver une place. Nous nous garons tant bien que mal et commençons à regretter d'être venu avec notre « char », surtout que nous voyons déambuler de nombreux taxis.

Après moult tergiversations et déconvenues, nous posons nos valises au Nature Beach Resort. Il donne sur une belle plage bordant une mer suffisamment profonde pour nager, et le personnel a l'air sympa.

Une journée-type sur l'île de Koh Chang

Nous nous réveillons aux aurores. À cette heure, le monde est différent, calme, la tête encore dans les étoiles. Dans une mer d'huile et déjà chaude, de nombreux petits poissons aux couleurs vives viennent frétiller entre nos pieds. Le soleil illumine doucement la plage et peint le ciel en rose, d'abord violacé puis plus tendres. Vers 7h, il surgit complètement

Une douche plus tard, nous nous rendons au village La route est déserte hormis quelques « taxis-pick-up-sangkeow » qui débutent leur ronde, et les éternels singes et chiens errants qui se disputent les ordures jonchant les bords de route.

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Trois cents mètres plus loin, nous nous arrêtons au resto Poissons & crustacés et prenons un repas bien mérité face à la mer. Repus, nous redescendons à la mer, et profitons de la plage. Les fêtards de la veille ne sont pas encore éveillés. Il faut le dire, le soir, c'est party, non pas full moon party genre Koh Phangan, mais reggae, revival seventies & eighties, rap session et les sempiternelles acrobaties avec bâtons et cordes enflammés, le tout arrosé de buckets où l'on partage à la paille, mojitos et mai tai à bas coûts.

Repas frugal à midi, sandwich-baguette à la mode Phnom Penh, délicieux, petite sieste puis retour à la mer. Le soleil commence à flirter avec l'horizon. Le vent s'est tu, l'eau est magnifiquement translucide. Il y a du monde dans l'eau et sur le sable : Thaïs en vacances avec enfants, familles de Français, staff des bistrots de plage, jeunes Russes et Américains se préparant pour la prochaine nuit.

La nuit recouvre d'un coup la baie et des loupiotes vertes apparaissent un peu partout sur la mer noire. Crevettes et calamars n'ont qu’à bien se tenir ! Il paraît que toutes ces lumières « attire-crustacés » se voient de l'espace tellement elles sont nombreuses sur la côte du Golfe de Thaïlande. Pour nous, il est temps d'aller se coucher tandis que sur la plage, la musique monte d'un cran et que les fêtards s'apprêtent à passer une nouvelle nuit endiablée.

Paille Kheundheu ("À bientôt" en lao)

© photo principale : Jeff de Pangkhan ; © autres photos : Jeff de Pangkhan