L’art du Sak Yant

Le Sak Yank est une forme de tatouage très populaire en Thaïlande qui consiste à tatouer des textes sacrés en sanskrit sur le corps. Très superstitieux, les Thaïlandais attribuent des vertus magiques aux tatouages sacrés censés leur apporter protection, chance, force, et richesse. Découvrez cet art ancestral.

Une tradition ancestrale

Le Sak Yant qui signifie « tatouer une prière sacrée » est une tradition millénaire en Thaïlande. Autrefois réservé aux moines et aux guerriers, le Sak Yant est aujourd’hui répandus dans toute la société thaïlandaise. Il est exécuté dans des temples (wat) par des moines bouddhistes ou des prêtres brahmanes à l’aide d'une pointe de bambou ou d'une baguette en acier appelée Sak Khem. La pointe est imbibée d’encre bénite pour les hommes et d’huile de sésame pour les femmes.
C’est en principe le maître-tatoueur appelé Ajahn qui choisit le motif en fonction de la personnalité et les aspirations de la personne qui souhaite se faire tatouer. L'Ajahn ne se fait pas rémunérer, mais la tradition veut que les disciples fassent une offrande au temple. Dans certains cas, il peut donc refuser de faire tel ou tel dessin. Pour les Thaïlandais, le Sak Yant n’a pas vocation à être décoratif, mais à leur apporter protection et bénédiction. Comme pour les croyances et superstitions liées aux fameuses amulettes, ils croient profondément aux pouvoirs magiques du Sak Yant.

Un Sak Yant ne peut être exécuté que un moine bouddhiste ou un prêtre brahmanes.

Un rituel initiatique

Chaque séance de tatouage fait l’objet de rituels très précis, et commence toujours par de la méditation et des prières. Les motifs se composent de prières (Yant ou Yantra) gravées en sanskrit sous la forme de dessins géométriques et de symboles bouddhistes. Chacun d'entre eux offre une protection ou une bénédiction différente. Plus le tatouage est placé près de la tête, plus il a de pouvoirs. C’est la raison pour laquelle l’Ajahn réalise généralement le premier Yak Sant sous la nuque.
Pour qu’un tatouage sacré ne perde pas ses pouvoirs magiques au fil du temps, la personne tatouée doit observer un certain nombre de règles définies par le maître-tatoueur, comme ne pas consommer d’alcool, ne pas manger tel ou tel aliment, etc.

Les maîtres tatoueurs utilisent des baguettes de bambou ou de métal imbibées d'encre bénite.

L’engouement des étrangers pour le Sak Yant

Les tatouages sacrés de Thaïlande sont de plus en plus prisés par les étrangers qui n’ont bien souvent aucune idée de ce qu’ils représentent pour les Thaïlandais. Essentiellement attirés par la beauté de leurs motifs, la plupart d’entre eux se font tatouer dans les studios de tatouages qui poussent comme des champignons un peu partout dans le pays. Mais cet engouement n’est pas du goût de tout le monde dans le royaume, et beaucoup dénoncent les dérives commerciales du Sak Yant. Les autorités envisageraient de créer une loi visant à interdire aux tatoueurs non religieux de proposer des motifs sacrés bouddhistes ou d’une autre religion.
Si vous souhaitiez vous faire faire un Sak Yant dans un temple dans les règles de l’art, sachez tout de même que c’est extrêmement douloureux. Tous les témoignages sont unanimes à ce sujet, ainsi que sur le fait qu’il n’y a aucune règle d’hygiène en vigueur comme dans les studios de tatouages occidentaux. Il faut donc être vigilant, et prévoir le nécessaire pour le désinfecter régulièrement. Vous voilà prévenus !

 

© photo principale : Wat Bang Phra © photos article : Wat Bang Phra, Ajarn Prayot