Avec les éléphants

Le tourisme « non responsable » fait des ravages

Pour satisfaire la demande touristique, les éléphants sont souvent exploités de façon inhumaine en Thaïlande. Un problème majeur que chacun d’entre nous ne doit plus ignorer. Il faut savoir qu’un éléphant n’obéit pas naturellement à un homme. Certains peuvent être domestiqués avec des méthodes douces, mais la quasi-totalité des éléphants sauvages capturés en Thaïlande subit un apprentissage par la torture, appelé phajaan. Il débute lorsque les éléphants ont entre deux et trois ans et dure plus d’une dizaine d’années jusqu’à ce que l’animal soit complètement cassé et soumis à l’homme. Plus de la moitié des éléphants ne survivraient pas à la violence du phajaan.

Attaché, frappé, privé de nourriture et de sommeil, l’animal passe par un véritable enfer avant de commencer une vie de forçat. Depuis l’interdiction de l’exploitation forestière votée en 1989, ils ne peuvent plus être utilisés pour transporter du bois dans la jungle, mais leur reconversion dans l’industrie touristique n’est malheureusement guère plus heureuse.

Que cela soit en Thaïlande, en Inde, au Sri Lanka ou ailleurs en Asie, il est important de bien se renseigner sur les parcs et les réserves d’éléphants. Pour les observer et éventuellement passer quelques jours avec eux, privilégiez des centres de réhabilitation d’animaux tels que Ganeshapark ou Elephant Nature Park. Ces centres reçoivent des visiteurs, mais aussi des volontaires qui peuvent séjourner sur place pour participer aux soins des pachydermes. J’ai eu l’occasion de rencontrer l’un de ces bénévoles qui a bien voulu nous en dire un peu plus sur ce type d’expérience.

 

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Écotourisme : une semaine avec les éléphants

Passionné de voyages et d'environnement, Julien Gee est le fondateur de l’association Let’s do it qui lutte contre la prolifération des déchets en France. Lors de son dernier périple dans le royaume, il a passé une semaine en tant que bénévole au Ganeshapark : une petite réserve d’éléphants située dans la province de Kanchanaburi sur les bords du lac de Sangklaburi.

Que peux-tu nous dire sur le Ganeshapark ?

C’est un petit parc près de Tong Pha Phum tenu par un Français (n.d.l.r. : François Collier), un baroudeur d’une cinquantaine d’années absolument intarissable sur les éléphants. Il récupère et accueille des éléphants abandonnés, maltraités ou en fin de carrière pour qu’ils finissent leur vie dans de bonnes conditions.

Le parc propose notamment des séjours pour faire du volontariat auprès des éléphants. Cela consiste à participer à leurs activités quotidiennes en assistant les mahouts (soigneurs) pour aller les chercher le matin, collecter et transporter leur nourriture, donner leur bain (deux fois par jour) et se promener avec eux. Durant les promenades, les bénévoles expliquent également aux visiteurs le quotidien des éléphants dans le parc, et les aident éventuellement à les approcher.

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Qu’est-ce qui t’a le plus marqué ?

Découvrir le quotidien de ces créatures extraordinaires, même si pour être tout à fait franc, ils restent assez indifférents aux visiteurs. Pour moi, les bains et les repas étaient les deux moments les plus magiques de la journée.

Chaque jour un éléphant engloutit 200 kg de nourriture, dont des quantités énormes de bananes. Trois fois par semaine, il faut aller couper des bananiers pour leur donner à manger, ce qui est une activité assez éprouvante. Les jeunes Thaïlandais du camp qui pèsent 50 kilos tout mouillés sont capables de porter deux fois plus que les visiteurs. Une belle leçon d'humilité… Les repas étaient l’occasion de voir les éléphants employer toutes sortes de techniques pour accéder par exemple au cœur des bananiers avec leur trompe, leur bouche ou leurs pieds.

Les bains sont quant à eux un vrai moment de détente. Les éléphants ont vraiment l’air heureux de pouvoir jouer ensemble dans le lac (juste en dessous du parc), mais aussi avec les visiteurs. Malgré leur poids, ils sont assez doux et presque gracieux.

Que conseillerais-tu à ceux qui souhaiteraient s’y rendre ?

Le parc se trouve dans une région magnifique, c’est un lieu paradisiaque pour prendre des photos. Passer une semaine sur place est vraiment très agréable et enrichissant, mais l'hébergement reste assez simple et ne conviendra pas à tout le monde. Pour le soir, il faut prévoir un bouquin, car on est quand même un peu isolé. Être en bonne forme physique représente évidemment un plus, mais les activités ne sont pas très difficiles. Les employés du parc sont de toute façon capables d’assurer seuls toutes les tâches.

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En savoir plus sur le Ganeshapark et l’Elephant Nature Park
Ganeshapark, à environ 270 km à l'ouest de Bangkok (exactement 277 km de Khaosan road) et à 150 km au nord de la ville de Kanchanaburi
Elephant Nature Park Office, Ratmakka Road, PhraSing, Chiang Mai
Pour soutenir l’association de Julien Gee pour lutter contre la pollution en France, rendez-vous sur le site de l'association Let's do it
© photo principale : François Collier ; © autres photos  : François Collier