Chalermchai Kositpipat : artiste visionnaire

Originaire de Chiang Rai, Chalermchai Kositpipat s’est d’abord fait connaitre comme peintre avant de devenir architecte. Bien qu’il vende encore ces œuvres dans le monde entier, il consacre désormais la plupart de son temps et de son argent à l’oeuvre de sa vie, le Wat Khun Rung.

Destin royal

Né en 1955 dans un petit village de la province de Chaing Rai, Chalermchai Kositpipat est aujourd’hui l’un des artistes thaïlandais les plus connus. Après, avoir étudié à l’université des beaux-arts de Silpakorn à Bangkok, il débute une carrière de peintre et réalise plusieurs expositions notamment aux États-Unis et en Allemagne.

En 1988, il participe bénévolement à la création de peintures murales pour le Wat Buddhapadipa à Londres. Après quatre ans de labeur, ses peintures mariant surréalisme et modernisme aux thèmes de l’art traditionnel bouddhiste suscitent une énorme controverse et l’artiste peine à vivre de son art.

Son destin a toutefois pris une tournure inattendue quelques années plus tard lorsque le roi Bhumibol qui avait découvert et apprécié ses fresques du temple londonien fit appel à lui. Le monarque lui proposa d’illustrer un conte bouddhiste qu’il avait réécrit et traduit en anglais et lui commanda même plusieurs toiles.

Chalermchai Kositpipat investit tout son argent dans la construction du temple blanc ©BrokenSphere

La version thaïe de la Sagrada Familia

Instantanément, la côte de l’artiste monte en flèche dans tout le royaume et la vente de ses œuvres battent des records en Asie.

En 1997, il se lance dans la construction du Wat Rong Khun, un temple situé à 13 km de Chiang Rai à proximité de son village natal. Communément appelé le White Temple (temple blanc), le site toujours en construction (il devrait l’être jusqu’en 2070 selon l’artiste) est devenu l’œuvre de toute une vie. Chalermchai Kositpipat y consacre la plupart de son temps et son argent et considère le temple comme une offrande à Bouddha. Ce Gaudi des temps modernes clame à qui veut l’entendre que le monument le rendra immortel.

Entre bouddhisme et Walt Disney

Situé dans un parc, le site abrite actuellement 9 bâtiments, dont le fameux temple blanc qui semble tout droit sorti d’un film de Disney. Les murs et les toits sont recouverts de chaux et d’éclats de miroir qui reflètent la lumière du soleil et qui lui donnent cet aspect immaculé presque irréel.

Des éléments traditionnels bouddhistes comme des toits à 3 niveaux, des statues de Bouddha, de défenses d’éléphants et de Naga cohabitent avec d’innombrables sculptures surréalistes.

Le temple est accessible par un pont orné d’impressionnantes sculptures dont une mer de mains tendues symbolisant l’enfer. À l’intérieur du temple dans le hall principal, une fresque murale encore en cours de réalisation montre des scènes de vie moderne peuplées de personnages démoniaques de la mythologie bouddhiste et d’icônes occidentales telles que Freddy Kruger, Michael Jackson, Neo de Matrix, Elvis, Harry Potter, Superman ou encore Hello Kitty ! Vous avez dit bizarre ? À noter qu’il est interdit de prendre des photos à l’intérieur.

À côté du temple, un autre temple tout doré cette fois-ci abrite une galerie d’art dans laquelle sont exposées des œuvres de Chalermchai Kositpipat. Pour la petite histoire, on y trouve également de luxueux w.c. dignes des plus grands palaces ! Difficile de comprendre les multiples messages de l’artiste dans ce temple qui ne ressemble à aucun autre en Thaïlande, mais la visite vaut vraiment le coup d’œil. Que l’on aime ou pas, la qualité et la finesse du travail de l’artiste forcent l’admiration.

En savoir plus sur Wat Rong Khun
  • Adresse : San Sai, Mueang Chiang Rai District, Province de Chiang Rai 57000 Thailande
  • Téléphone : +66 53 673 579
  • Tarifs :  Entrée gratuite
  • Horaires :  Ouvert du lundi au vendredi de 8 h à 17 h 30
© photo principale : Jérôme Cartegini

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